~ vendredi 10 février 2006 ~

La DADVSI, toujours !

On entend de tous les bords que la licence globale optionnelle n'est pas une alternative, que c'est un crime envers les artistes. Dans cet article, j'expliquerai pourquoi la licence globale optionnelle est une bonne alternative pour tous. Je ne reviendrai pas sur pourquoi le projet de loi DADVSI est mauvais pour les logiciels libres, je l'ai déjà expliqué ici, ou encore . Sachez cependant qu'un logiciel libre se définit par quatre liberté :

  • liberté d'exécution (droit annulé par les DRM)
  • liberté de consultation du code source (impossible pour préserver les DRM)
  • liberté de modification du code source (impossible pour préserver les DRM)
  • liberté de redistribution (les DRM empêchent justement cela)

Et ce n'est pas la peine de penser que les DRM seront uniquement appliqués aux logiciels de peer to peer. Une fois que nous aurons cédé à cela, il nous faudra alors nous plier à le faire sur tout nos logiciels de distribution (web, ftp, ssh, mail, news, ...) et que la France sera le seul pays au monde (excepté la Chine, qui est un cas particulier) à ne pas pouvoir utiliser de logiciels libres en terme de serveurs (contrairement à 70% du monde, qui lui utilise des logiciels libres en techno serveur). Ne serait-ce que pour cela, le projet de loi DADVSI doit être abandonné en terme d'utilisation de DRM, mais doit au contraire promouvoir l'interropérabilité et les standards.

Pour en revenir à la licence globale optionnelle, un article dans ZDNET racontait l'ouverture d'un forfait de musique illimité, mais avec DRM. Ce forfait permettra de télécharger de la musique sous la condition d'un abonnement mensuel. Le jour où vous arrêtez votre forfait, tout ce que vous avez acquis, toute la redevance que vous avez payé s'évanouira comme par magie. Grâce à l'action des DRM, tous vos fichiers deviendront inutilisable. N'est ce pas en quelque part de la vente liée ? Le consommateur qui se sera acquité honnêtement de son droit d'écoute se verra perdre toute sa collection. On pourrait imaginer la même chose avec vos abonnements à la presse. Vous recevez chez vous tous les jours votre quotidien préféré. Pour une raison quelconque, vous décidez d'adopter son concurrent et de laisser tomber ce journal, là où se trouve toutes vos archives, votre temps et peut être votre travail pour un certain temps. Maintenant, le journal auquel vous avez été abonné envoie chez vous un gars musclé pour récupérer tous vos exemplaire. Vous n'y avez plus droit. Pire encore. Votre journal a été écrit avec une encre spéciale qui s'efface dès que vous arrêtez votre abonnement. Vous ne trouvez pas cela logique ? L'industrie de la musique pense que si.

Un petit exemple pour rappeler que la licence globale optionnelle fonctionne déjà. Chose étonnante, elle fonctionne dans l'industrie du cinéma. En effet, comment ne pas comparer cette possibilité à celle qu'offre la la carte de cinéma UGC. Pour 18 euros, on vous propose d'aller voir tous les films que vous voulez pendant le mois. Pour l'exemple, les deux cinémas concernés chez moi proposent en tout 14+3 salles. En raison d'à peu près cinq séances par jour, j'ai la possibilité d'aller voir entre 150 et 155 films par mois. Croyez moi, j'en suis loin. Les meilleurs mois, j'en vois dix, les plus mauvais comme ces temps derniers, je ne pose pas les pieds au ciné. Le cinéma souhaite t-il sa mort en me proposant une carte de cinéma "illimité" ? Je ne crois pas, autrement, ils auraient déjà arrêté ce forfait depuis longtemps. Cela s'explique par un habile mécanisme qui dit que je n'ai physiquement pas la possibilité de voir autant de films par mois, soit parce que je n'en ai pas le temps, soit parce qu'il n'y a pas autant de nouveauté. Cela est il différent pour Internet ? Oui et non. En effet, le choix sera beaucoup plus vaste (mais limité, rassurez-vous), je garderai cependant 24h par jour et je continuerai à travailler comme un dingue. Si je télécharge 200 000 chansons, ce qui a l'air d'être un lieu commun pour les maisons de disque (ce qui me parait franchement invraisemblable), cela signifie que pour une chanson d'en moyenne trois minutes, il me faut un espace de stockage de 586 Go, ce qui n'est pas encore le lieu commun de tous les français. Hormis ce détail, cela signifie également qu'il me faudra quelques 417 jours, à 24 heures par jour pour écouter l'intégralité de ce téléchargement. Sans compter que le téléchargement n'est pas quelque chose d'instantanné, et que, par conséquent, il faudrait sûrement autant de temps, sinon plus, au même tarif. C'est complétement IDIOT ! D'autant plus, rappelons le, que la qualité de la musique que l'on trouve sur le net laisse considérablement à désirer...

Un autre point à regarder en détail est la rémunération des artistes, qui soit dit en passant, pour beaucoup ne connaisse Internet qu'au travers ce que leur maison de disque veut bien leur en dire. Dimitri nous partageait l'autre jour le camembert de la honte, camembert que je reprends ici : On voit en effet clairement qu'il y a un problème entre ce que l'on veut bien nous dire et la réalité. Il est à souligner que l'artiste, celui pour qui RDDV souhaite faire la loi, ne perçoit actuellement que 3% du prix total sur un morceau vendu. On constate donc que ce n'est pas l'artiste qui est en ligne de mire pour recevoir son dû, mais tous les intermédiaires qui s'en mettent à l'abri.

À ce propos, l'émission Complément d'enquête faisait une spéciale ce lundi soir. On nous rapportait le meilleur comme le peer (...). Par exemple, les journalistes ont rapporté qu'il était illégal d'échanger de la musique librement sur Internet. C'est faux. Il est interdit d'échanger de la musique dont vous n'auriez pas les droits d'auteur ou de distribution, mais vous avez tout à fait le droit de partager vos créations ou des musiques libres et/ou libre de droit. On apprenait également que le créateur de Bit Torrent est le roi des pirates (Aleph One, si tu me lis...).

Pour en revenir sur le sujet, on apprenait également qu'il y avait entre 8 et 12 millions de personnes qui téléchargent illégalement en France. Du côté des associations comme des institutions, le comptage semble simple : une connexion ADSL équivaut à un voleur de musique. C'est très réducteur et faux. Toujours est il que si l'on conserve ces chiffres, avec une possible licence globale optionnelle annoncée à 10 euros mensuelle, cela ferait une redevance s'élevant à un pactole mensuel de 80 000 000 d'euros par mois à se partager entre les différents auteurs. Un business de 960 000 000 millions par an, une paille en somme. Là où je gagne 750 euros pas mois, ça me fait verser une larme pour cette profession en faillite.

Pour rester dans les chiffres, les différents reportages faisaient également état :

  • un coffret composé de 170 CD de Mozart à 99 euros, soit 0.58 euros pour chaque CD (au-delà de cela, les musiciens et chanteurs classiques interviewés disaient vouloir du public et donc vendent des CD pas cher pour pouvoir en rencontrer)
  • le revendeur français perçoit 8 euros sur chaque coffret vendu
  • 4 majors représentent 71.2% du marché
  • la création complète d'un CD coûte de 60000 à 70000 euros, de l'écriture à la finalisation avec les graphistes et photographes pour un artiste chez une grande major, 25000 euros dans une boîte de prod plus petite
  • un exemple d'album, Sinik, un rappeur, a vendu 250 000 exemplaires, à 17,56 (chez amazon) soit 4 390 000 (ce qui est loin de rentabiliser la mise initiale, selon le théorème de la loi normale des maisons de disques ;p)
  • Vous achetez de la musique pourrie sur les mobiles et ça vous coûte super cher et vous êtes content ! (2 euros par morceau + coût de connexion)
  • pour terminer cette liste numérique, sachez que l'industrie du disque a vu ses ventes baisser de 40% en 4 ans, bientôt un meilleur score que la sécu (routière et sociale bien sûr) !

En commentaire final, on notera que le bureau de Bernard Carayon, chef de file UMP est doté d'une Mandriva, ce qui est plutôt une bonne nouvelle.

Quelques petits liens supplémentaires pour compléter cette étude :

BOFH

OhOh, on dirait que les BOFH sont de retour, ça va chauffer dans les chaumières :) Pour ceux qui ne connaitraient pas, les Bastards Operators From Hell sont avant tout des excuses de sysadmin et des histoires malheureuses à propos des utilisateurs et de leur incapacité à entendre l'informatique au même degré que les admins. Il en résulte des choses très très droles et satiriques. Si vous ne connaissez pas l'original, hâtez vous d'aller voir ! Si vous voulez connaître la suite des aventures, c'est pas

Gimp 2.2

Vous connaissez sûrement tous mon ami Dimitri, co-organisateur de Game-Over 2, ancien rédacteur en chef de Linux Pratique et maintenant administrateur à l'ESIL.

Il a commit, dans la collection Eyrolles, le livre Gimp 2.2. Livre que je viens de finir de lire.

Avant tout, je dirai une chose : merci ! En effet, The Gimp est un logiciel que je connais depuis très longtemps et il n'y avait jusqu'à ce jour aucun bouquin de ma connaissance capable de faire découvrir cet outil pas à pas. Ce qui pour les débutants ou non initiés aux logiciels de manipulation d'image était une plaie devient simple comme bonjour. Tel un didacticiel, Dimitri vous fait découvrir les outils pas à pas, avec de nombreuses astuces et des fonctions avancées. Certes, vous ne deviendrai pas le Picasso du siècle, mais au moins, vous saurez vous servir du logiciel, ce qui n'est pas forcément une mince affaire, à entendre les gens en parler. Cerise sur le gâteau, un comparatif avec photoshop est apporté tout au long de l'ouvrage, en mettant ce que l'un ou l'autre savent faire ou pas.

Je conseille de mettre ce livre entre toutes les mains !

Prix public : 12 €

~ mardi 7 février 2006 ~

De retour

Après une semaine de folie sans internet ou presque, me voilà enfin de retour, pour une journée pépère de travail devant l'ordinateur.

Rennes : ce n'est pas encore pour tout de suite, mais je garde espoir. Les deux entretiens que j'ai passé se sont très bien déroulés, mais je ne correspondais pas au profil recherché. Espérons pour eux qu'ils trouveront et pour moi, que quelqu'un aura rapidement besoin de mon profil. Je garde bon espoir de travailler avec Sii.

Pour ce qui est de Solutions Linux, j'ai pu y arriver mardi après-midi, pour en partir jeudi soir. Au menu, presque que du bon. Excepté le GCU squad qui diffusé ses mp3/ogg pourris en face de notre stand, sinon, rien à dire (oui, j'en profite pour taper sur les copains, ça fait du bien). J'ai revu tous mes amis : anne, thierry, jicé, guillomovitch, nanar, pascal, erwan, ... Ce fut réellement trois jours de folie, à courir dans les couloirs pour essayer de trouver des contacts pour l'Éof. Rencontres intéressantes avec la société Audaxis qui représente l'ERP Compiere. Des rapports hypothétiques avec les éditions Eyrolles et Diamond (plus particulièrement MISC). On verra si je suis en mesure de donner une suite.

Aphone presque le premier soir, nous avons mangé au Flams de la rue des lombards. Ça ne vaut vraiment pas une flammekueche maison ! Et l'accoustique était absolument pourrie. Il fallait crier pour entendre son voisin d'à côté. Toujours est il que ce fut une soirée sympa.

Le mercredi soir, ce ne soit pas moins que Scytale, Gore et Dok qui m'ont rejoint au salon, même si ce cher Dok n'a pas pu rester trop longtemps pour cause de transport. Nous sommes donc parti avant le cheese and wine de l'April pour rejoindre Stéphane. Soirée sympa, resto pourri. J'étais content de pouvoir tous les voir.

Le lendemain, seul avec Olivier et Sylvain au stand, j'ai tout de même pu honorer mon rendez-vous avec Jean-Marc Mannach où nous avons pu passer une heure brêve, mais fort sympathique.

Mon grand regret est de ne pas avoir pu voir ni Tobozo, ni Dark Eye, faute de temps et dû à trop de travail sur le salon. Ce n'est que partie remise !

Retour dans le train, discussion avec olivier et sylvain. À mi-chemin, nous sommes rejoint par Tristan Nitot qui n'ose pas en faire mot sur son blog, tellement ces moments furent sympathique et enrichissant. J'espères qu'ils le furent également pour toi Tristan !

Le vendredi, le Wif m'attendait, après avoir changé la bouteille de gaz en rade depuis mon départ.

Le samedi et le dimanche furent également bien occupé.

Et dirent que certains pensent que je suis en vacances :)

_Petite pensée pour Régis_ : j'ai essayé de te joindre, mais tu n'étais pas là. Courage, junior craquera ;)